
Assurance cyber PME:
limiter l’impact d’une attaque et redémarrer vite
Le cyber n’est pas un problème IT, c’est un risque business
Arrêt d’activité, rançongiciel, fuite de données: la PME est une cible.
Une attaque cyber peut paralyser une PME en quelques heures: chiffrement des serveurs, blocage de la facturation, interruption du service client, fuite de données, extorsion.
L’impact se mesure en pertes d’exploitation, coûts de remise en état, stress managérial et risque réputationnel.
En Suisse romande, les PME sont exposées, car elles dépendent d’outils cloud, de prestataires et de chaînes de sous-traitance.
La réponse à incident exige des compétences et des décisions rapides: isoler, analyser, restaurer, notifier si nécessaire selon le cadre applicable, et communiquer.
L’assurance cyber vise à financer et organiser cette réponse, selon le contrat, en combinant assistance et couverture financière, sans remplacer la prévention.
Trois risques majeurs couverts par une assurance cyber
Les coûts invisibles qui explosent quand l’incident arrive.
Réponse à
incident
et remise
en état

Forensic, restauration, nettoyage, récupération, gestion de crise: l’assurance cyber peut financer des spécialistes et des coûts techniques, selon le contrat.
Le point clé est la rapidité d’activation et les prestataires agréés ou recommandés.
Pertes d’exploitation et frais supplémentaires

Un arrêt IT entraîne une perte de chiffre d’affaires et des coûts de contournement.
Certaines polices couvrent une perte d’exploitation cyber et des frais supplémentaires, selon le contrat, avec des délais d’attente et des méthodes de calcul spécifiques.
Responsabilité
et
données

Si des données de tiers sont compromises, la PME peut faire face à des réclamations, à des coûts de notification et à des frais de défense.
La couverture dépend du contrat, du type de données, et des obligations applicables.
Les amendes ne sont pas toujours assurables.
Assurance cyber en Suisse: couvrir la crise, encadrer les limites
La bonne police est celle qui correspond à votre architecture et à vos scénarios.
L’assurance cyber a pour objectif de protéger une PME contre les conséquences financières et opérationnelles d’un incident informatique: rançongiciel, intrusion, compromission de comptes, fuite de données, attaque sur un fournisseur, ou interruption de services numériques.
En Suisse, le cadre de protection des données et les obligations sectorielles peuvent imposer des actions spécifiques en cas d’atteinte à la sécurité des données, selon la nature de l’incident et le risque pour les personnes concernées.
L’assurance cyber ne remplace pas ces obligations, mais elle peut aider à financer et organiser la réponse: experts techniques, conseils juridiques, communication de crise, et restauration, selon le contrat.
Ce que couvre généralement une assurance cyber se répartit souvent en deux grandes familles.
D’une part, les garanties “first party” qui concernent la PME elle-même: frais de réponse à incident (forensic, containment, restauration, reconstitution de données), frais d’urgence, et parfois une couverture pertes d’exploitation liée à l’interruption des systèmes, avec des conditions spécifiques (délai d’attente, durée maximale, méthode de calcul, dépendance à des services cloud).
Certaines polices incluent aussi des frais liés à l’extorsion, mais cela dépend fortement du contrat, des exigences de déclaration, et des limites, et tous les paiements ne sont pas nécessairement couverts ou recommandables.
D’autre part, les garanties “third party” qui concernent la responsabilité: réclamations de tiers, coûts de notification, défense, et certains frais liés à une atteinte à des données ou à un service fourni. Les amendes et sanctions sont un point délicat: selon les juridictions et la nature des sanctions, elles peuvent être exclues ou non assurables.
Les points de vigilance sont essentiels, car les cyber-polices sont techniques.
Première vigilance: les exclusions. Les contrats excluent souvent certains scénarios: actes intentionnels, fraude interne, absence de mesures minimales de sécurité déclarées, vulnérabilités connues non corrigées, guerre ou actes assimilés selon la clause, ou “betterment” (amélioration) lorsque la remise en état revient à améliorer l’infrastructure au-delà de son état initial.
Deuxième vigilance: les sous-limites. Certaines prestations peuvent être plafonnées séparément: pertes d’exploitation, frais d’experts, notification, extorsion, ou incident chez un prestataire.
Troisième vigilance: les obligations de l’assuré. Déclaration rapide, coopération, conservation de preuves, et parfois respect de mesures de sécurité (authentification multi-facteurs, sauvegardes, mises à jour) déclarées lors de la souscription.
Quatrième vigilance: la définition d’interruption et de “système”: cloud, prestataires, outils SaaS, téléphonie, sites web. Le contrat doit refléter votre architecture, sinon l’incident “réel” se situe hors périmètre. Cinquième vigilance: la documentation. Sans inventaire des systèmes, plan de sauvegarde, procédures et journaux, la réponse à incident est plus lente et les coûts explosent.
Pour choisir le bon niveau de couverture, un cadre décisionnel simple aide.
D’abord, cartographier vos dépendances: ERP, facturation, messagerie, production, e-commerce, données sensibles, prestataires clés.
Ensuite, scénariser l’impact: combien de jours d’arrêt sont acceptables, quel coût par jour, quels frais de remise en état, et quel risque de réclamation de tiers.
Puis, choisir les garanties prioritaires: réponse à incident, pertes d’exploitation, responsabilité données, assistance. Une mini-liste utile consiste à vérifier: définition des systèmes couverts, délais d’attente pertes d’exploitation, sous-limites, exclusions de sécurité, obligations de déclaration, et prestataires d’intervention.
Mage & associés peut vous accompagner via une analyse de risques cyber, une revue de polices et une mise en cohérence avec vos pratiques IT et vos contrats fournisseurs. L’objectif est de préparer une couverture qui finance la crise, mais qui reste réaliste: une assurance cyber efficace est celle que vous pouvez activer rapidement, avec des conditions que votre PME peut respecter.
Rançongiciel et arrêt de facturation: redémarrer sans improviser
Exemple fictif réaliste, inspiré de PME à Genève.
Exemple fictif réaliste.
Une PME genevoise de services, environ 45 collaborateurs, découvre un lundi matin que plusieurs serveurs et postes sont chiffrés.
La messagerie est partiellement inaccessible, la facturation est bloquée, et un message d’extorsion apparaît. L’entreprise ne peut plus traiter les demandes clients et craint une fuite de données.
La direction active son plan de crise et déclare immédiatement l’incident à son assurance cyber.
Un point déterminant est la rapidité: l’assureur met en relation avec une cellule de réponse à incident. Les premières étapes sont exécutées sans précipitation irréaliste: isolement des systèmes, analyse forensique, vérification des sauvegardes, et décision sur la stratégie de restauration.
En parallèle, un conseil juridique évalue si des notifications sont nécessaires selon le cadre applicable, et une communication interne est structurée pour éviter des rumeurs.
La remise en état se fait par étapes: restauration des systèmes prioritaires, réinitialisation de comptes, renforcement de l’authentification, et contrôle de l’intégrité des données.
Les pertes d’exploitation sont documentées selon la méthode prévue au contrat, avec les preuves de l’arrêt et des coûts supplémentaires.
La résolution est positive mais réaliste: plusieurs jours sont nécessaires, et certaines améliorations sont à la charge de la PME si elles dépassent la simple remise en état. Leçon opérationnelle: une assurance cyber est utile si elle s’inscrit dans un plan, avec sauvegardes testées, procédure de déclaration et décisions documentées.

