Bris de machine / équipement : comment calculer la bonne somme assurée
- 6 févr.
- 4 min de lecture
Introduction
Dans une PME, vos machines et équipements ne sont pas que des actifs : ils conditionnent la continuité de votre activité, vos délais et votre compétitivité. Mais une panne importante ou un bris accidentel peut mettre à l’arrêt une ligne de production et entraîner des coûts directs importants. L’assurance bris de machine vise à compenser ces coûts, à condition d’avoir correctement défini la somme assurée. Dans cet article structuré pour les dirigeants et CFO, nous expliquons comment calculer cette somme, éviter la sous-assurance, documenter vos choix et piloter le risque de manière fiable.
Vous saurez à la fin de la lecture:
ce qu’est la somme assurée pour les équipements,
comment la déterminer méthodiquement,
quels pièges éviter,
quelles questions poser à votre assureur pour sécuriser votre couverture.
Qu’est-ce que l’assurance bris de machine et la somme assurée
Assurance bris de machine : objectifs et couverture
L’assurance bris de machine couvre les dommages accidentels qui affectent les machines et équipements essentiels à votre activité, causés par des pannes internes ou des événements imprévus (panne mécanique, chute, court-circuit, erreur humaine, etc.). Elle complète les assurances multirisques classiques car elle cible spécifiquement ce risque technique.
Définir la somme assurée
La somme assurée est, dans un contrat d’assurance, le montant maximal que l’assureur s’engage à payer en cas de sinistre. Dans le contexte des machines et équipements, elle doit idéalement correspondre à la valeur de remplacement à neuf de ces actifs.
Si cette somme est trop basse, il y a sous-assurance : en cas de sinistre, l’indemnité est réduite proportionnellement à l’écart entre la somme assurée et la valeur réelle de remplacement.
Comment calculer la bonne somme assurée
1. Inventaire précis des machines et équipements
Commencez par dresser un inventaire détaillé de tous les biens à assurer :
machines fixes et mobiles,
installations techniques,
équipements électroniques liés à la production.
Pour chaque élément, documentez la marque, le modèle, l’année d’acquisition, la capacité, et l’usage. Ce travail de pilotage documentaire est indispensable pour une estimation fiable.
2. Déterminer la valeur de remplacement
La somme assurée devrait être égale à la valeur de remplacement à neuf, y compris les coûts annexes nécessaires pour remettre l’équipement en place opérationnellement :
prix d’achat de remplacement,
frais de livraison et douane,
coûts d’installation et de remise en service.
Cette approche dépasse la simple valeur comptable (valeur nette ou amortie), qui ne reflète pas ce qu’il en coûterait aujourd’hui pour remplacer un équipement.
3. Ajuster pour les frais annexes
Selon le contrat, vous pouvez inclure ou exclure certaines charges :
frais de déblaiement et de sauvetage,
frais de démontage/réinstallation,
taxes et droits liés à l’importation.
Ces compléments doivent être explicitement listés dans votre fiche de calcul afin d’éviter des oublis lors d’un sinistre.
4. Prendre en compte les franchises et limites
La somme assurée est liée à vos engagements financiers et à votre appétence pour le risque. Une franchise plus élevée réduit la prime, mais augmente la part que vous devrez supporter en cas de sinistre. Ce paramètre doit être choisi avec votre CFO en scénarios chiffrés, en simulant plusieurs niveaux d’impact financier.
5. Revue périodique et mise à jour
Les valeurs des machines évoluent avec le temps (inflation des coûts industriels, innovations techniques). Une revue annuelle de la somme assurée est une bonne pratique de pilotage pour éviter que votre couverture ne devienne obsolète.
Cas pratiques méthodologiques
Cas 1 : Remplacement d’une presse hydraulique
Une PME de fabrication identifie une presse hydraulique critique. En inventaire, elle note ses caractéristiques actuelles et consulte le coût d’une machine équivalente sur le marché aujourd’hui. Elle ajoute les frais d’installation prévus par le fournisseur pour constituer la somme assurée. Elle documente cette évaluation et la réévalue chaque année.
Cas 2 : Intégration d’une nouvelle ligne d’usinage
Lors de l’installation d’une nouvelle ligne, le CFO met à jour l’inventaire et recalcule la somme assurée incluant la livraison, calibration et mise en service. Ce calcul est consigné dans le dossier de renouvellement de police, ce qui facilite la négociation avec l’assureur.
Repères et check-list
Ce qu’il faut documenter :
Liste des équipements avec description complète.
Factures d’achat et devis actuels de remplacement.
Coûts estimés de livraison, installation, tests.
Historique de maintenance et état des machines.
Critères de sélection pour inclure/exclure composants annexes (outils, logiciels).
Justification des franchises retenues.
Étape | Action clé | Document associé |
1. Inventaire | Recenser les machines | Fiche inventaire |
2. Estimation | Chiffrer valeur de remplacement | Devis fournisseurs |
3. Ajustement | Ajouter coûts annexes | Document interne |
4. Arbitrage franchise | Définir niveau de risque | Simulation financière |
5. Revue | Mise à jour annuelle | Rapport annuel |
Erreurs fréquentes et comment les éviter
Confondre valeur comptable et somme assurée
La valeur nette comptable sous-estime souvent le coût réel de remplacement. Préférez la valeur de remplacement à neuf documentée par des devis actuels.
Oublier les frais annexes
Ne pas inclure la logistique d’installation ou les coûts de calibration peut réduire l’indemnisation réelle.
Ne pas revoir la somme assurée
Ignorer les mises à jour peut conduire à une couverture obsolète si les coûts du marché augmentent.
Questions à poser à son assureur/courtier
Sur quelle base définissez-vous la somme assurée pour mes machines ?
Incluez-vous les coûts d’installation et de calibration ?
Comment gérez-vous les composants électroniques ou logiciels intégrés ?
Quelle est la clause en cas de sous-assurance et comment est-elle appliquée ?
Quelles franchises recommandez-vous selon mon profil de risque ?
Quelle périodicité pour réviser la somme assurée ?
Pouvez-vous simuler l’impact de différents niveaux de franchise sur la prime ?
Quels documents dois-je fournir pour justifier la somme assurée ?
Comment gérez-vous les extensions comme perte d’exploitation liée à un bris de machine ?
Quels sont les délais et conditions pour une mise à jour intermédiaire de la somme assurée ?
Conclusion
Calculer la bonne somme assurée pour vos machines et équipements n’est pas une formalité administrative : c’est une démarche structurée de pilotage des risques. En vous appuyant sur des inventaires précis, des valeurs de remplacement actuelles et une documentation claire, vous sécurisez la capacité de votre PME à absorber un sinistre majeur sans déséquilibre financier. Passez ensuite à la phase de documentation interne et à la négociation réactive avec votre assureur.





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